Phytoépuration en auto-construction – en cours

par Pommaia

Lorsque nous avons emménagés, nous savions que la fosse septique n’était plus aux normes. Dans l’optique d’une solution écologique, durable et économique à moyen terme, nous avions alors décidés de mettre en place une phytoépuration : un système de traitement des eaux grises par les plantes.

 

Nous avons décidé de faire confiance au bureau d’étude Aqualogik qui proposait de réaliser la phyto en auto-construction. Renaud, le gérant et fondateur, a tout de suite compris notre projet et propose un accompagnement intéressant (Nous n’avons pas d’action chez eux ;))

 

Quels intérêts ?

-> Ecologique : La phytoépuration fonctionne avec les plantes. Les bactéries fixées sur leurs racines dégradent les particules des eaux grises. S’il n’est pas autorisé de la consommer pour boire à la sortie de la phyto (norme…), l’eau est purifiée et propre.

-> Economique et durable : Le coût d’une phytoépuration, lorsqu’elle est réalisée en auto-construction, revient approximativement au même prix que l’installation d’une fosse septique. Cependant, dans le cas d’une fosse septique, il faut la vider régulièrement (donc coût additionnel) et la remplacer après plusieurs années… alors que dans le cas d’une phyto, un petit désherbage chaque année est suffisant et tant que les plantes ont de l’eau (donc tant que la phyto est active), il n’y a rien de spécial à faire, ni coût additionnel.

 -> Légal : on peut voir sur Internet que certains construisent leur phyto sans passer par un bureau d’étude, ni validation du SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif). C’est serte plus économique mais dans notre cas et dans l’optique de créer un lieu d’accueil, nous avons préféré être certains d’être dans la légalité (normes…) et d’avoir les conseils de professionnels pour bien dimensionner l’ouvrage.

 

La procédure :

Après un 1er rendez-vous à domicile avec le bureau d’étude, des mesures sont faites pour définir la taille et l’emplacement de la future phyto. 35m minimum du puit, emplacement défini en fonction du terrain, de l’écoulement de l’eau dans la terre, définition des futures évacuations de la maison… Place ensuite au dossier administratif qui doit être validé par le SPANC. Déjà 3 semaines de passées pour ces 2 étapes…

 

L’autorisation de principe obtenue, il est temps de passer aux choses sérieuses : Faire venir une pelleteuse pour creuser les tranchées ! On en profitera pour prolonger les tranchées jusqu’au pied de chacun des bâtiments pour y apporter l’eau et l’électricité 🙂

En parallèle, nous contactons les carrières et magasins à proximité pour les différents matériaux nécessaires et surtout comparer les prix qui varient énormément (certaines entreprises proposant des prix abusifs pour les particuliers, d’autres des prix attractifs mais un coût de transport prohibitif ou nécessitant des volumes trop important pour nous…) : Plaques béton, gravier 20/40, gravier 10/20, Sable de calage, sable filtrant, regards, regards sans fond, tuyauterie, géo-textile, tasseaux. Après 1 semaine intensive de recherches et de comparaisons, nous recevons progressivement (ou allons chercher en fonction), tous les matériaux.

Le bureau d’étude fourni les grilles à travers lesquelles pousseront les plantes, la chasse hydraulique, la géomembrane, les diffuseurs, le répartiteur et la procédure avec les différentes étapes à suivre.

C’est parti pour des longues journées à poser la tuyauterie, calculer les pentes (2cm tous les mètres), mettre à niveau les regards, préparer les évacuations à l’intérieur de la maison… tout en passant les gaines électriques vers chacun des bâtiments.

 

 

 

 

 

 

Des volontaires viendront nous aider à réaliser l’ouvrage de la phytoépuration à proprement parlé :

Etape 1 : Transporter (et c’est lourd!), mettre en place à niveau et sceller les plaques bétons pour réaliser la cuve. Dans notre cas, ce coffrage fera 4mx3m avec séparation au centre pour répartir l’eau.

 

 

 

Etape 2 : faire valider le coffrage au bureau d’étude. Lors ce 2nd rendez-vous, nous poserons 1 textile dans et autour du coffrage, la géomembrane et 1 second textile de protection.

 

 

 

 

 

 

 

Etape 3 : remplissage par couches : on a perdu le compte des brouettes ! D’abord 15 cm de gravier 20/40, suivi de la tuyauterie à l’intérieur de la phyto (avec de l’épandrain pour récupérer l’eau filtrée avant de l’envoyer dans la cuve d’épandage) , puis le gravier 10/20, on pose alors les plaques de béton au centre du coffrage et enfin le sable de filtrant.

Etape 4 : Couper le textile ainsi que la géomembrane pour l’arrivée de la tuyauterie depuis la maison. Moment délicat pour lequel il faut bien être concentré pour ne pas déchirer la membrane (qui vaut cher !).

 

Etape 5 : Préparer l’espace d’épandage (en bas de la phyto) avec le reste du gravie 20/40, les regards sans fond, de la terre, un geotextile…

Nous en sommes à cette étape.

Il restera ensuite à construire la structure qui accueillera les grilles au dessus phyto puis valider le tout avec le bureau d’étude (et installer les plantes) et enfin avoir la validation du SPANC.

Ce qu’on peut déjà dire, c’est qu’en nous lançant dans l’auto-construction de la phyto-épuration, nous ne pensions pas y passer autant de temps ! Cependant, nous avons beaucoup appris et restons convaincus que c’est une bonne décision.

 

Nous actualiserons cet article lorsqu’on nous aurons terminé.

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